Avec Ernst Jünger (mort en 1998 à 102 ans) et Julien Green (mort en 1998 à 97 ans), Julien Gracq, qui nous a quitté le 22 décembre dernier à 97 ans, appartient à cette catégorie d’écrivains, se raréfiant avec l’âge, qu’on a toujours connus très vieux et que l’on imaginait éternels. Si j’avais eu il y a deux semaines le désir de rendre visite à Julien Gracq en son mythique ermitage de Saint-Florent-le-Vieil, je ne me serais pas précipité, j’aurais facilement planifié mon voyage à l’été prochain, sûr d’y trouver à tous les coups le vieil écrivain, disponible au moins pour une paisible conversation et une courte promenade. Je n’ai jamais eu ce désir, et Julien Gracq s’en est allé.

