
La Terre est un agglomérat de poussières, un noyau formé dans un énorme nuage dont le centre est le soleil. Toutes ces poussières venaient de l’explosion d’autres étoiles, avant… Tout avait commencé par le big bang : un minuscule point de matière-énergie a explosé, s’est dilaté, a pris d’énormes proportions, donné des millions (milliards ?) de galaxies chacune formée de milliards d’étoiles… Déjà, c’est idiot. Mais bon, admettons : une pointe d’épingle grossit et donne l’univers. Ça a pété il y a quinze milliards d’années.
Question : d’où venait la pointe d’épingle ? Qui la tenait dans son gros gant isotherme pour pas se bruler ? Quand avait-elle commencé, avant de péter ? Tout ça n’a aucun sens.
En quelques mots : si ça a commencé, comment quelque chose a-t-il surgi de rien ? Ça n’a pas de sens. Donc ça n’a pas commencé, ça a toujours été là. Toujours : le monde EST. Ça n’a pas de sens non plus. On est mal barrés ! Si le monde a commencé, c’est inexplicable. S’il a toujours existé, ça n’a pas de sens. Il faut bien l’un ou l’autre. Nous vivons dans un monde qui n’a pas de sens.
Autre question : le big bang a donné naissance à l’univers. L’univers est très grand. Très très grand. Mais bon, il doit bien y avoir une limite, une dernière étoile, ou plutôt toute une série de billions de milliasses d’étoiles qui forment tout le tour, plus ou moins espacées, plus ou moins en désordre. Et au-delà, y a quoi ? Quand on est sur la frontière, on voit quoi au-delà ? Par définition, ce n’est pas l’univers, puisque l’univers se développe dans « ça »… C’est quoi, « ça » ? C’est de dimension finie ? Alors, quoi au-delà ? C’est infini, ça s’arrête pas ? Ça n’a pas de sens.
Notre esprit — le mien, en tout cas — est incapable de concevoir tout ça. Un monde qui n’a pas de limite, ça ne veut rien dire. Un monde qui a des limites, ça pose la question de savoir DANS quoi il est, ce qu’il y a au-delà des limites, et on revient à l’idée de monde infini, ça n’a pas de sens. Et ce monde, s’il a commencé, comment ? S’il n’a pas commencé, ça n’a pas de sens.
Le sens ultime de l’univers nous échappe. Ça n’a aucun intérêt. On arrive à décrire, et encore, pas parfaitement. Plus c’est loin, ce qu’on voit, plus c’est vieux (faut le temps que la lumière voyage). On n’a donc même pas accès à l’aspect réel de l’univers à l’instant présent. On en chope une sorte d’image déformée, pas simultanée. Les trucs qu’on voit très très loin, comment savoir si c’est pas… nous-mêmes ? Y a forcément des déformations bizarres, vu qu’à une période, l’univers s’est dilaté plus vite que la vitesse de la lumière… Tu es en un point, tu te déplaces plus vite que la lumière. Tu regardes en arrière… Quand tu as ralenti, la lumière que tu émettais te rattrape : tu crois regarder le monde autour de toi, en fait tu te regardes toi-même… Tout ça n’a aucun sens. C’est trop grand.
Je résume pour l’instant : je vis dans un monde trop grand, que je ne vois ni n’entends en entier, qui n’a pas de sens s’il n’a jamais commencé, qui n’a pas de sens s’il est infini. C’est… infiniment perturbant. Ce monde qui n’a pas de sens, pas de limite, pas d’origine, peut-être qu’il n’existe pas. La seule chose que « je » (qui c’est ?) sais, c’est moi et mes sensations. Peut-être que je ne suis qu’un esprit (éternel ?) qui se construit un monde et qui n’a pas assez d’imagination pour le faire complètement cohérent. Peut-être au contraire que j’en ai trop, de l’imagination, et que j’invente des choses… Je sais pas. À mon échelle quotidienne, en tout cas, c’est cohérent. J’ai inventé des gens qui naissent, qui vivent, qui meurent, et je m’aperçois que je me conforme au même schéma. J’ai des souvenirs d’enfance, je me suis « vu » grandir, aimer, rire, avoir un enfant, réussir, échouer… Je me vois vieillir. Je me rends compte que je vais mourir. Évidemment, dans cette hypothèse, le monde mourra avec moi.
Ça n’a aucun sens. Ça relativise les religions.
Tags de cet article : absurde, Dieu, infini, limites, sens, univers



43 commentaires dans " Et c’est pourquoi Allah est grand "
S'abonner au flux rss ou faire un TrackbackC’est pas ” la vie au ras du sol “, c’est ” la pensée au ras du sol ” qui tente de décoller mais ne fait que se crasher !
Le texte d’un enfant qui apprend à faire du vélo,” allez courage petit, continue tes efforts ! ” C’est naïf mais attendrissant car tout un chacun commence par tâtonner avant de maîtriser peu à peu la conduite de sa pensée.
En attendant, ce texte n’a aucun sens.
Et pour que ce commentaire n’ait pas l’air inutile : ” L’univers contient environ 7×1022 étoiles, répandues dans environ 1011 galaxies, elles-mêmes organisées en amas et superamas de galaxies[8]. Mais le nombre de galaxies pourrait être encore plus grand, selon le champ profond observé avec le télescope spatial Hubble. ”
Sur ce , bien à vous, qui que vous soyez !
Je suis le Clément Ader de la pensée, je tiens 10 mètres en vol, et j’ai pas tout bien compris qu’est-ce que vous comprendez pas dans les interrogations que je me demande.
Que l’univers contienne 224 étoiles ou 645 millions ordonnées de façon qu’on puisse en deviner la logique, ne répond pas à la question posée ici avec insistance par Paul Ashbey, celle du sens. Vous trouvez ce texte naïf et moi je vous trouve bien arrogant avec des certitudes chiffrées qui sont de pures descriptions comptables et rien d’autre. Si ces chiffres vous rassérènent et vous confortent dans le sentiment que nous ne sommes pas seuls dans le vaste univers et qu’un super astronome a désiré tout cela, tant mieux pour vous, mais permettez que tout le monde ne partage pas cette vision d’un monde hypercohérent et voulu comme tel par une intelligence dont nous attendons tout de même qu’elle se manifeste par autre chose que des bilans chiffrés et des livres comptables sans une rature.
D’autre part, je ne vois pas en quoi serait rassurant le fait de n’être pas “seuls” dans l’univers.
Tout ça n’a pas de sens.
(Comment ça, on l’a déjà dit ?)
Car enfin qu’est-ce que l’homme dans la nature ? Un néant à l’égard de l’infini, un tout à l’égard du néant, un milieu entre rien et tout, infiniment éloigné de comprendre les extrêmes ; la fin des choses et leurs principes sont pour lui invinciblement cachés dans un secret impénétrable.
Également - incapable de voir le néant d’où il est tiré et l’infini où il est englouti.
Pascal, Pensées
Yanka,
J’ai réagi comme je l’ai fait parce que je n’ai lu dans ce texte que très peu d’interrogations justement.
Je n’ai pas vu la question du sens posée ! J’ai par contre lu l’affirmation à maintes reprises énoncée : « Cela n’a aucun sens. » C’est tellement plus facile de conclure « cela n’a aucun sens » que de laisser la question ouverte et d’aller plus avant dans l’approfondissement des connaissances scientifiques actuelles sans cesse en évolution.
Bref, les réponses d’un ado aux questions existentielles qu’il se pose, questions/réponses qu’il juge assez intelligentes pour être partagées au plus grand nombre. Je dis cela sans vouloir offenser le Clément Ader de ces lieux mais en tentant de comprendre et le texte et ma réaction à celui-ci.
J’y ai d’ailleurs réagi parce que je fus moi-même un adolescent voyageant, émerveillé, dans l’univers par le truchement des articles qu’il lisait dans les revues scientifiques traitant de cosmologie.
J’ai lu le texte comme la tentative avortée d’un voyage de la pensée qui peut se révéler véritablement exaltant s’il est accompagné d’un minimum d’exactitude. D’où ma réponse chiffrée au point d’interrogation d’un dilettante : « millions (milliard?) de galaxies ».
Sur ces explications, je reste ouvert à la discussion, départ éventuel d’un périple humble et enrichissant vers les confins de l’inconnu.
Au plaisir.
Bon. D’un côté, Christine me rappelle perfidement que Pascal, avant moi (il avait osé, le bougre !), s’était interrogé sur l’infini et avait admis qu’on ne comprenait pas. De l’autre, Cédric fait de moi un ado attardé parce que je fais des erreurs plusieurs ordres de grandeur (bicoze je m’en fous grave) et que je traduis puérilement mon incompréhension du vaste monde par « ça n’a pas de sens ». Mon compte est bon. Aille am discréditède et démasquède, je retourne à mes boutons d’acné et à mes cartes géographiques.
Cela dit, on peut voir ça autrement. Pascal ne comprenait pas, et pourtant ce n’était pas la moitié d’un imbécile. Quatre cents ans plus tard, après de prodigieuses avancées scientifiques, je constate qu’on ne comprend pas davantage. On décrit des trucs, mais on ne comprend pas. On cherche à expliquer, mais ça échappe. Non seulement je suis moins génial que Pascal (si, si), mais encore, malgré l’accès à des notions et à des moyens dont il ne pouvait même pas soupçonner l’existence, je continue à ne pas comprendre.
C’est ce que je me suis borné (c’est ma nature) à dire. Il n’y a pas 100 personnes sur Terre qui comprennent la théorie des supercordes ou la gravitation quantique à boucles. Et encore… Si j’avais commencé par dire « Nous allons supposer que l’univers est une variété munie de deux métriques riemaniennes de même signature » (voir le site de JP Petit, une superbe intelligence scientifique, par exemple cette page de vulgarisation de ses travaux de cosmologie et de mathématiques : http://www.jp-petit.org/science/arxiv/presentation_vulgarisee.htm ), tous les lecteurs de ce blogue auraient pensé : « tiens, un fou ». Avec ce que j’ai dit, une autre vision s’impose : « tiens, un con, et primaire, en plus ».
Pourtant, je maintiens.
D’abord que « ça n’a pas de sens », c’est à dire que ça ne nous est pas accessible. Un univers éternel ou ayant commencé, infini ou fini (mais dans quoi ?), ce n’est pas concevable. On peut en faire des modèles, mais ça ne nous est pas mentalement accessible, pas plus que l’espace-temps et sa courbure, les branes ou le temps imaginaire des frères Bogdanov. Je défie quiconque de me dire qu’il se sent vivre dans un espace-temps à quatre dimensions : nous vivons notre temps, dans un espace à trois dimensions.
Ensuite, et c’est en fait l’essentiel, que ça relativise les religions : le dieu qui aurait fait tout ça se préoccuperait de nous faire prosterner à heures fixes, ou de voiler les femmes et circoncire les hommes, ou aurait « élu » un peuple favori parmi tous ceux qu’il avait créés, ou serait vexé si nous ne croyions pas à la résurrection et au jugement. Il est bien mesquin et borné, ce dieu-là !
Je suis très limité. Mais quand même, penser qu’on force les gens à vivre de telle et telle manière parce que dieu les regarde et se vengera, voire qu’on se vengera en son nom, c’est une telle pourriture mentale que j’en reste tous les jours sur le cul. Aââh, l’adolescence !
Ma citation n’avait rien de perfide ! Pascal est mon auteur de chevet et je me réjouis de retrouver le cheminement de sa pensée exprimé dans le langage du 21ème siècle. Dommage que trop peu de nos contemporains y soient sensibles.
Ce n’est d’ailleurs pas la 1ère fois que je relève chez vous des accents pascaliens. C’est pour ça que je passe régulièrement.
Bonsoir Paul,
Au moins vos articles ont plus de succès que mes commentaires! Je vous félicite en cela, et je rejoins d’ailleurs une partie de votre propos, pris au premier degré. Cette incertitude que “Je” peut parfois ressentir à l’égard de l’existence, réelle ou matricielle, de tout ce qui n’est pas soi, ainsi que cette passionnante angoisse de ne pouvoir jamais clairement percer le sens de l’univers qui échappe inlassablement à toute formalisation mentale univoque. Ca, en effet, tout ado l’a ressenti, le ressent, et pas qu’eux ; il est donc bêtement adulte de penser que les ado sont plus bêtes que les adultes dans leurs questionnements existentiels. Je vous ferai donc pas de procès de cet ordre, comme d’autres ont pu le faire. Toutefois, comme vous aimez la prétérition, je me permettrai juste, sur ce léger point de rhétorique, de conforter sans ambiguité cette opinion concernant l’agaçante puérilité qui se dégage de votre style, et avec lui, de votre manière assez insincère, et profondément maladroite, je trouve, de défendre vos idées. Dans les com m’apparaissent trop clairement les parts d’ombre de vos articles. Sur deux articles, excusez-moi d’être terre à terre, et de vous considérer sur un odre supérieur, sur deux articles, nous lisons “race”, et “Allah”. Bon, c’est votre droit, comme on dit. Et je suis déçu parce que vous nous parlez de science, en vous en foutant quand ça vous arrange, et en l’invoquant quand ça vous arrange. Quand ça vous arrange, vous dénoncez, avec subtilité d’ailleurs, les insuffisances paradoxalement intellectuelles du raisonnement scientifique, vous exprimez ce besoin de recentrement vers elle-même d’une raison primaire angoissée par le non-sens, vous aimeriez qu’au-delà de tous les modèles et autres équations, puisse enfin l’univers faire sens à la conscience, à la perception presque. En cela vous rangez votre “je” dans un “nous”, aussi utopique et rassurant que l’idée de dieu, pour les croyants. Mais sans doute plus simpliste, je le crains, car l’amour de dieu, chez les croyants, que ça vous plaise ou non, c’est pas simpliste, c’est nourrit de beaucoup de culture, de traditions, etc. De choses dont chacun peut se foutre d’ailleurs, je m’en fous un peu, mais je ne juge pas la croyance. Vos articles déjà lus m’agacent, parce que votre rationnalisme à double vitesse ne fait que reconduire ce que vous reprochez au rationnalisme. Je trouve que votre mépris à l’égard des religions, et de la croyance qui motive tel ou tel mode de vie religieux, est l’absolu symétrique du mépris que peuvent avoir les terroristes de ceux qui n’osent pas croire en Allah. Vous leur reprochez comme une évidence le non-sens du monde…ça n’a pas de sens, en effet. Malgré tout, vous aussi vous tranchez. L’athéisme est une croyance, jusqu’à preuve du contraire. Claude Allègre, éminent géophysicien, de gauche et athée par ailleurs, disait en article de mon manuel de SVT de Terminales, disait ceci en substance : la science contre l’idée de dieu, c’est un combat vain. La science n’a aucun droit de critiquer la croyance, des uns et des autres, tant qu’elle n’aura pas établi la preuve de la non-existence de dieu. Autrement dit, c’est aussi une apologie de la liberté qu’il fait là. La liberté de croire, et de l’autre côté, l’obligation en effet de ne pas fuir le savoir, de ne pas empêcher la connaissance de faire son devoir à l’égard de la vérité. D’une vérité absolue, pas relative à l’humanité, à sa diversité de croyances et d’opinion, dont vous, comme moi et tant d’autres, sommes les modestes représentants sur pattes ; mais à l’égard de la vérité des choses étudiées. En effet, la chose de l’univers, sans équation compréhensible, sans modèle mentalement accessible, sans explication enfin, a toute légitimité à s’appeler ou bien Dieu, ou bien “non-sens”. Votre divinité c’est le “non-sens”, elle vous plaît et elle vous angoisse, au même titre que dieu plaît et angoisse à ceux qui y croient, veulent y croire, aimeraient y croire, imposent qu’on y croit. Vous comprenez? J’aimerais que vous arrêtiez de duper les gens qui vous lisent sur un emploi très malhonnête que vous faîtes de la science quand ça vous arrange. Le “non-sens”, en plus d’être votre divinité, je l’accuse d’être extrêmement normatif. En témoignent vos commentaires, où vous rappelez en filigrane que le “sens”, s’il existe, serait mentalement accessible à tout un chacun. Vous en allez à défier tout le monde et personne, de vous prouver qu’il ressent l’univers comme un machin truc à plus de 3 dimensions. Mais vous parlez à qui quand vous dîtes-ça? A l’humanité la plus totale? Aux fous dans les hp qui peuvent ni vous lire ni vous répondre? A la vérité? Vous croyez à la vérité? Vous croyez au sens, au non-sens? Voyez le problème, c’est qu’on sait plus, vous êtes un peu l’univers à vous tout seul. C’est attendrissant, chez un ado…
Bonne soirée à toutes et tous!
ZzzzzzzzZZZzzzzzment,
MF
Brièvement, avant de me coucher… Pourquoi aller chercher midi à quatorze heures ? La science prétend répondre avec des chiffres et des données à une interrogation fondamentale de l’être humain depuis la nuit des temps : « Pourquoi ? » Encore même saurait-on exactement comment tout s’est passé au millimètre et à la seconde près que nous ne saurions pas davantage ce que nous faisons là, si nous connaissons plus ou moins parfaitement comment fonctionne la machine humaine sur les plans mécanique, chimique, physiologique, etc. Pourquoi ? Quel peut être le but de tout ceci ? Y a-t-il un sens et ce sens émane-t-il d’une conscience ? Un scientifique pur et dur répondra oui à la question du sens et un mystique répondra oui à la question de la conscience. Or, que pouvons-nous connaitre vraiment au-delà des vérités mathématiques ? Rien de très fiable… Des impressions, des intuitions, des sentiments, de vifs dénis précédés de violentes acceptations — bref, le doute dans toute sa ténébreuse splendeur.
En résumé, de tous les commentaires jusqu’à présent, c’est Christine qui me parait avoir vu juste en évoquant Pascal. Les questions que Pascal se posait sont les mêmes que nous nous posons, malgré 350 années de grandes avancées scientifiques. Les poètes et les inquiéteurs métaphysiques m’ont toujours paru plus aptes à approcher certaines réponses que les trop cartésiens scientifiques et leur sainte horreur du hasard, de la gratuité, de l’absurde.
Amen.
Je dois aussi préciser que les titres des deux articles de Paul parus jusqu’à présent sont de moi. Le premier reprend la première phrase de l’article et le second a été choisi parmi plusieurs suggestions de l’auteur. C’est curieux qu’ils puissent en gêner certains… Le mot « race » figure encore dans les dictionnaires, du moins au Québec, et si Allah ne peut être figuré, son nom peut — encore — être prononcé, au Québec du moins, par les infidèles à langues de vipère que nous sommes…
Bonjour à tous,
J’ai lu et relu avec le plaisir du détachement les précédents commentaires, les miens y compris.
Détaché, car mû par le constat renouvelé que toute discussion, toute parole est vaine.
Et pourtant me voici à nouveau occupé à aligner des mots, les choisissant au mieux, tentant de transmettre aux yeux qui les lisent, l’état de mes pensées en cet instant T.
Nul besoin d’univers, de sciences ou de dieux pour échanger sur le mystère, le pourquoi ou la question du sens, aucun besoin d’emmener sa pensée au cœur d’une galaxie lointaine ou d’un texte sacré, il suffit de se savoir vivant en cet instant.
C’est le « pourquoi? » qui n’a pas de sens. Le fait d’exister répond à toutes les questions, ce fait est irréfutable et autotélique. Vivre est autotélique, il est absurde de se demander pourquoi on vit.
J’existe en tant qu’humain parce que je suis un être humain.
Le sens de la vie, c’est de vivre.
Sur ce, au plaisir.
Vialatte utilisait la formule à la fin de ses chroniques. Mais il est vrai qu’il avait du talent.
Bonjour cher Ygor,
Non, votre précision concernant la production des titres me paraît superfétatoire, dans la mesure où votre collaborateur Paul les cautionne. Au même titre que je cautionnais un joli cadre de liens you tube que vous avez curieusement trouvé dérangeants, puisque vous les avez supprimés. Ces liens étaient de nature artistique, et je ne sais trop quel fondamentalisme vous a subitement animé en les ôtant, chacun étant libre d’une part de les lire ou non, d’autre part de les trouver utiles ou non, intéressants ou pas. Je ne fais que commenter, j’aimerais ne pas éprouver la curieuse nécessité de devoir le rappeler.
Je ne reviens pas sur le “pourquoi” de l’univers, c’est une légitime question existentielle parmi tant d’autres (qui, quoi, comment et quand, et quand est-ce qu’on mange aurait rajouté Desproges) Cette démarche a mon agrément, in abstracto du moins. Je ne reviens donc pas sur mon commentaire, tant pis s’il est lu de travers, ou mal écrit, c’est qu’un com.
En revanche, je n’ai jamais dit que les mots race ou Allah étaient proscrits, et du dico, et de tout emploi discursif ou réflexif. C’est au nom même de mon amour pour le débat et la liberté de penser que je m’agace un tantinet contre les articles de votre ami, qui à chaque fois, au lieu de répondre à des angoisses qui visiblement l’obsèdent, se contentent de nous pondre un gentil détour par la science et autres interrogations détournées de leur saveur originelle, avant d’achever tout commencement de propos assumé dans ses petites conclusions lapidaires. Qu’on relise la création du monde et du temps par Saint Augustin, et l’on s’évitera même un détour par Pascal, qu’il me paraît insultant de comparer à Paul, n’en déplaise à notre amie Christine! (on se croirait dans les Feux de l’Amour avec tous ces prénoms)
En revanche, ni chez Pascal ni chez Saint Augustin nous ne trouvons, qu’on me contredise si j’ai tort, un tel mélange de sujets, aussi maladroit que peu engagé, ni engageant. D’une part, la gêne n’est pas un sentiment curieux, le mot “pet” existe dans le dictionnaire, mais si on pète en public des idées et des pulsions aussi bien refoulées, ou mal assumées, que celles de votre ami Paul, je trouve légitime d’être gêné à un spectacle qui devrait se poursuivre et se développer dans l’intimité des cabinets. Mon argument de fond ne visait pas à discréditer le choix d’Allah, tout à fait compréhensible dans un monde actuellement concerné par l’islamophobie (arabophobie même) d’une part, d’autre part, bien sûr, par les attaques et menaces d’intégristes musulmans susceptibles de venir trancher la pensée et ses têtes dès lors qu’on pelote un peu trop Allah, par devant comme par derrière. Du coup, je vous trouve hypocrite de trouver curieux cette gêne, parce qu’il est vrai que faut faire gaffe…à mon sens, la liberté de pensée est moins importante que la vie, car il faut vivre pour penser. Mais dès lors qu’on commet un article en public, destiné au public, je trouve normal de pouvoir faire entendre à son auteur ma lecture de la chose, et qu’il l’assume en personne, y compris, et c’est son droit, par le silence. Je trouve malhonnête et couard de s’attaquer, non pas au terrorisme, mais à la religion et à la religiosité, prétextant un argumentaire délirant sur le non-sens métaphysique de l’univers, qui pour moi, et je le redis clairement, est l’absolu symétrique du fondamentalisme religieux, avec cette nuance toutefois, qu’il est aussi à relativiser de son pendant conceptuel : moins fasciste dans les actes (je me sens pas en danger quand je dis que ce mec est un pétochard, un lâche et un malhonnête), et aussi plus bête. Qu’on relise Saint Augustin, on verra qu’on peut être chrétien et très raisonnable en plus d’être doué à ficeler, par le style et la pensée, des questionnements existentiels de cet ordre. Qu’on lise ou relise Tahtâwi, contemporain de Montesquieu, et dont l’Or de Paris ne démérite pas devant les Lettres Persanes (même si, à titre personnel, je préfère les Lettres, entre deux choses on en préfère toujours une). Bref, moi aussi je préfère Pascal, on est tous d’accord, même si je vois pas trop le rapport. Par contre, je conseille à Paul de lire l’Orientalisme du regretté Edward Said, qui dénonce bien mieux que moi ce type de détournement de la pensée, visant à systématiquement discréditer l’altérité en général, l’orient en particulier. C’est toujours d’actualité, et ça risque de le rester un bon bout de temps.
Bonne journée à toutes et tous!
Universellement,
MF
Le derviche
Un jour Ali passait : les têtes les plus hautesSe courbaient au niveau des pieds de ses arnautes ; Tout le peuple disait : Allah ! Un derviche soudain, cassé par l’âge aride,Fendit la foule, prit son cheval par la bride, Et voici comme il lui parla :
“Ali-Tépéléni, lumière des lumières,Qui sièges au divan sur les marches premières, Dont le grand nom toujours grandit, Ecoute-moi, vizir de ces guerriers sans nombre,Ombre du padischah qui de Dieu même est l’ombre, Tu n’es qu’un chien et qu’un maudit !
“Un flambeau du sépulcre à ton insu t’éclaire.Comme un vase trop plein tu répands ta colère Sur tout un peuple frémissant ; Tu brilles sur leurs fronts comme une faulx dans l’herbeEt tu fait un ciment à ton palais superbe De leur os broyés dans leur sang.
“Mais ton jour vient. Il faut, dans Janina qui tombe,Que sous tes pas enfin croule et s’ouvre la tombe ; Dieu te garde un carcan de fer Sous l’arbre du segjin chargé d’âmes impiesQui sur ses rameaux noirs frissonnent accroupies, Dans la nuit du septième enfer !
“Ton âme fuira nue ; au livre de tes crimesUn démon te lira les noms de tes victimes ; Tu les verras autour de toi, Ces spectres, teints du sang qui n’est plus dans leurs veines,Se presser, plus nombreux que les paroles vaines Que balbutiera ton effroi !
“Ceci t’arrivera, sans que ta forteresseOu ta flotte te puisse aider dans ta détesse De sa rame ou de son canon ; Quand même Ali-Pacha, comme le juif immonde,Pour tromper l’ange noir qui l’attend hors du monde, En mourant changerait de nom !”
Ali sous sa pelisse avait un cimeterre,Un tromblon tout chargé, s’ouvrant comme un cratère, Trois longs pistolets, un poignard ; Il écouta le prêtre et lui laissa tout dire,Pencha son front rêveur, puis avec un sourire Donna sa pelisse au vieillard
in Les Orientales, de Victor Hugo
@ Cédric
« Le sens de la vie, c’est de vivre. » C’est ce que je dis souvent, et c’est ce que je pense en général. Mais puis-je empêcher que parfois je me demande tout de même s’il n’y a pas à la vie un sens caché correspondant justement à une volonté divine (ou extraterrestre) ? On a beau vouloir être scotché au sol avec la tête vissée sur les épaules et non en train de batifoler dans les étoiles, on reste sujet à ce type d’inquiétudes métaphysiques. J’ai beau avoir Montaigne pour maitre, je demeure proche aussi de Kierkegaard. Les gens les plus intéressants que j’ai rencontrés dans l’existence étaient des gens qui, comme moi, comme tant d’autres, se posaient des questions, sur le sens, la conscience, l’âme, la finalité, etc. Parmi eux, des prêtres. Les esprits trop scientifiques sont un peu trop sûrs d’eux-mêmes et de tout (de leurs femmes aussi ?) pour ne pas être à mon gout méprisables. Je veux bien croire que l’âme n’existe pas et que mes pensées émanent de mon corps, lequel est périssable — je reste inquiet. Je doute parfois de n’être qu’un corps, qu’une mécanique à peine mieux huilée que celle d’un cafard ou d’une alouette. … Un ange déchu qui se souvient des cieux, disait Pascal, justement. Ça ne veut pas dire qu’on vienne du Ciel, mais qu’on pourrait en venir, qu’on en a du moins le sentiment parfois. Et ce sentiment-là est le meilleur antidote contre le rationalisme borné de certains, qui ont toujours réponse à tout avec des formules mathématiques et chimiques. On aura beau m’expliquer que nous sommes composés à plus de 90% d’eau, ça ne m’explique pas pourquoi nous avons d’un côté des Ben Laden, des Madoff, des Mesrine et des Dutroux, de l’autre des Bach et des Mozart.
Ceux qui ne peuvent pas comprendre le poète Keats qui buvait à la damnation de Newton parce que ce dernier avait expliqué l’arc-en-ciel, ceux-là ne peuvent être mes amis.
@ Michael
Vos liens vers You Tube, j’ignore ce qu’ils contiennent, je ne vais jamais voir. Nous ne sommes pas à la radio. Ce blog n’a pas besoin de ponctuation musicale.
Pour le reste, Paul vous répondra : c’est un grand garçon maintenant ! Il écrit sur ce blog à ma demande et j’aime sa façon d’aborder les choses, sabre au clair. C’est aussi simple que ça.
Je répondrai…peut-être. Mais sans doute pas plus que ce qui suit.
A Michael Flame : “couard”, “pétochard”, “lâche”, et “malhonnête” par surcroît, c’est beaucoup pour moi. L’insulte qui suinte de ces textes trop longs, en même temps que l’auteur presse l’éponge de sa culture pour m’estourbir et démontre par ses propos qu’il ne m’a pas lu, ne me paraît pas à la mesure des choses très simples que j’ai écrites. Je ne suis pas certain qu’il soit nécessaire ou intéressant de débattre avec un interlocuteur qui m’accuse de “péter” des idées (malodorantes, donc) alors que, peut-être, c’est sa semelle qui dégage.
A Cédric : après avoir trouvé mon texte dénué de sens, et après ma réponse, il balaie tout ça d’un geste désabusé en m’assénant la platitude de la vie autotélique et l’affirmation de l’absurdité du pourquoi. Du coup, l’immense Leibniz (“Pourquoi existe-t-il quelque chose plutôt que rien ?”) est un âne. D’ailleurs, mon interrogation portait davantage sur le “comment” que sur le “pourquoi”. Pour Cédric, c’est la question qui est absurde. Pour moi, c’est la réponse. Ca n’empêche pas que la vie soit belle.
A Belgardo : Vialatte disait “et c’est ainsi qu’Allah est grand”. Je n’ai pas de talent, mais j’ai de la mémoire.
A Christine : merci. Mais, effectivement, me comparer à Pascal est exagéré. Je suis plus clair que lui. Non ? :-)
Paul Ashbey, un monstre d’inculture, comme on le constate… ;-)
Avec ça dénué de tout humour… Le triste sire !
@ yanka :
Récemment, à plusieurs reprises, lors de ces moments d’introspection ou de méditation involontaire qui pointillent mon quotidien de façon irrégulière et spontanée, une pensée m’a envahi l’esprit, tout le mystère résumé dans une phrase bêtement triviale et pourtant jugée si pertinente sur le moment : « Y’a un truc qui cloche. » Sans point d’exclamation, sans fureur ni inquiétude, juste, l’évidence d’un « Y’a un truc qui cloche. » Aucune émotion associée, juste un constat tiède, ni froid ni brulant mais massif, immense, exorbitant.
Pas d’ « inquiétude » donc, pour reprendre un terme qui tu as utilisé dans ton com. Une certaine passivité, plutôt, mêlée de détachement.
Et en ce moment, devant ce clavier, un sentiment : Communiquer, quelle vanité .
Pour moi, rien ne cloche. Je ne trouve pas anormal d’être et de faire partie d’un vaste ensemble de poussières et de feu. Je trouve ça, au mieux, singulier ; au pire… Disons que je ne suis jamais indifférent et que mon impression globale est positive.
L’inquiétude n’est pas l’angoisse ni la peur dans le sens où j’emploie ce mot : un questionnement qui chemine, voilà. Et qui ne rêve surtout pas d’aboutir jamais.
Je communique éventuellement des informations ou des coordonnées. S’agissant des relations humaines, je discute, je cause, je bavarde, je converse et parfois même, je dialogue. Je trouve ça fort agréable.
S’exprimer est d’une telle prétention. Je vois cela et j’en suis comme paralysé. J’ai beau peser le moindre mot, la justesse de chaque phrase, m’éclate au visage la vanité dont je fais preuve. Vanité dans les deux acceptions du mot : insignifiance et orgueil.
J’ai beau user de toute l’humilité, de toute l’introspection dont je dispose, chaque mot, chaque phrase, chaque réflexion s’accompagne d’une posture, l’ego est toujours présent même si j’écris : « je ne suis rien. »
S’exprimer, c’est dire « j’existe ». Et c’est d’une telle futilité. Tout parole se creuse dès qu’elle est émise. Quelques minutes passent et elle n’est déjà plus ce qu’on est ou ce qu’on pense. D’où la suffisance incluse dans la moindre idée que j’exprime.
Les commentaires écrits hier ou avant-hier, je les renie, ils ne sont pas moi, ils sont d’un autre. Pour éventuellement les faire miens à nouveau, il faut repartir du début, refaire tout le chemin de la réflexion, et aboutir peut-être aux mêmes conclusions, pour un moment, pour un moment seulement car déjà les mots s’effritent. Et quel orgueil aveugle ce serait de considérer un propos, quelques mots, une parole comme étant Mienne, de s’y accrocher, de s’en souvenir pour la régurgiter, pour se dire à soi-même et vouloir signifier aux autres : « Regardez comme je pense bien. »
Je vois cela et j’en demeure interdit. Pourquoi ces phrases que je viens d’écrire ? Si ce n’est par vanité ? Et divertissement. Donc futilité…Sans intérêts.…Et la vie en elle-même n’est-elle pas que vanité ? Je le pense. Une vie ? Orgueil et insignifiance.
Paul Ashbey, permettez que je remercie d’abord Ygor de vous avoir ouvert ses colonnes… En effet, cela m’a permis de lire un mot qui est vôtre et que je trouve ô combien juste et judicieux : ” Je me vois vieillir. Je me rends compte que je vais mourir. Evidemment, dans cette hypothèse, le monde mourra avec moi.”
Mais vous êtes le Centre du Monde, cher Paul, et la Fin du Monde se produira lorsque l’heure de votre mort aura sonné. Et moi aussi je suis le Centre du Monde, figurez-vous, et, de la même manière, la Fin du Monde aura lieu lorsque l’heure de ma mort sera arrivée. En même temps, et vous et moi savons bien que vous n’êtes pas le Centre du Monde pas plus que je ne le suis. Bref, tout cela n’a aucun sens. Mais alors, pourquoi chez nous autres humains cette obsession de Dieu, et qui plus est cette obsession de vouloir Le nommer, Le célébrer, Le transmettre, dans le pire des cas L’imposer, ou bien de Le nier, ce qui est la même chose ? Là-dessus, j’aimerais bien vous lire. Cordialement.
Tiens, finalement, voici un tout petit bout de blog qui dit à peu près la même chose que moi, sans se poser la question du “comment” mais avec des images du champ très profond de Hubble, et des précisions religieuses utiles.
http://www.postedeveille.ca/2009/08/interm%C3%A8de-du-dimanche.html
Mes excuses pour n’avoir pas posté avant les deux derniers commentaires. J’avais modifié l’adresse mail pour la réception des commentaires à modérer et j’avais oublié de paramétrer mon notificateur, si bien que ne recevant aucune notification (et pour cause !), je n’allais pas sur ce compte.
@ Chr. Borhen
Ca fait plaisir de ne pas se faire chier directement dans les bottes…
Cela dit, et pour vous répondre au moins sommairement, la question de Dieu ne m’intéresse pas : elle m’est inaccessible, et c’est un peu ce que je disais dans mon petit opus. D’ailleurs, je ne suis pas certain que tous les humains aient “l’obsession de Dieu”. De quelque chose, sans doute, et c’est universel : culte des morts, des ancêtres. Idoles. Moulins à prière. Soleil.
Mais rien n’aura fait autant de mal à l’humanité que les religions du désert, les trois catastrophes qui nous dénaturent depuis des millénaires et où sombrent l’intelligence et la raison. J’y reviendrai peut-être, si j’ai le courage. Mais c’est fondamental pour moi : pas de religion.
Pardonnez cette brièveté. Le sujet mériterait d’être délabyrinthé plus avant, mais je vois déjà les mitrailleuses lourdes pointées sur moi. Chez Ilys, j’ai dit une fois qu’à mes yeux les adeptes de religions sont “des malades mentaux” (ce qui n’implique évidemment aucune haine, juste une immense incompréhension). On a très vite atteint le point Godwin. On peut plus rien dire.
Je vois que pour la plupart vous avez un concept complètement caduque du Concept de Dieu dans les religions et surtout en Islam.
Je vous invite à regarder ces trois vidéos ou un savant prouve scientifiquement l’existence de Dieu.
Et d’ailleurs, je suis sur qu’elle répondra à plusieurs de vos questions.
http://www.belmostafa.com/2009/08/22/ep-1-interpretation-scientifique-de-la-croyance-islamique/
Le savant musulman est à la science ce que la limace est à l’orage : rien.
Et l’acte manqué est beau : pas de vidéos, pas de dieu. C’était bien la peine…
Désolé, pour 2 raisons :
1/ La vidéo, postée à 0:13, n’était pas affichée quand j’ai répondu à 4:32… D’où une ironie très mal venue.
2/ Maintenant qu’elle est accessible, je peux pas la regarder. Je suis allergique aux vieillards qui se mettent un pot de fleurs sur la tête. C’est insupportable. D’où une ironie très bien venue.
Qu’allah vous ait en sa sainte garde ou vous massacre éternellement, selon que vous serez croyant ou infidèle. Ca n’a aucun sens, je me répète.
Même si cela n’a nullement, strictement, aucun rapport…
Paul… je suis littéralement, je dis bien, littéralement…amoureuse de vous.
Désolée… my cheri… ;-)
Pour l’enchaînement de galimatias orphelin de sens j’avais remarqué merci. Après pour la qualité visuelle exécrable je comprends, mais je n’avais pas posté la vidéo pour divertir mais pour aider à comprendre un truc qui échappe apparemment àvotre compréhension de l’islam: c’est que la foi n’ y est pas indépendante de la science.
En fait, il est d’usage qu’en occident de penser que le texte coranique se résume à une série d’aphorismes qui se prêtent à toute entreprise herméneutique, ce qui n’est pas faux. Car étant la parole directe que Dieu a transmis à son prophète et donc parfaite(saw), il est indiscutable de le rendre ductile (islam des lumières) pour l’adapter aux tendances du moment, parce que ce serait admettre que Dieu avait tort, ce qui est idiot en soit.
C’est cette rigidité qui a permis à l’islam de rester tel quel depuis le début jusqu’à nos jours. Ainsi,pendant qu’en Europe médiévale on croyait que la terre était aussi plate qu’un carton et que la maladie est une malédiction divine, les musulmans croyaient en la sphérité de la terre et sa navigation sur un orbite ainsi qu’aux microbes causant la maladie et ce depuis le 6ème siècle. Imaginez un peu qu’on aie adopté le coran à la tendance de l’époque…
Par contre révélation et recherche scientifique ne sont pas du même registre. En effet, l’objet premier des textes de la révélation n’est pas l’objet premier de l’expérimentation scientifique. Le Coran n’est pas un ouvrage de biologie ou d’astronomie et il serait vain de s’attendre à ce qu’on y trouve allusion à la totalité des phénomènes scientifiques existant dans l’univers et dont la découverte se fait progressivement, au fil des siècles et de l’avancée du temps.
En islam il s’agit donc d’une autonomie (et non d’une indépendance) de la raison : cette dernière a la possibilité d’apporter à l’homme toute nouvelle chose qui relève du temporel tout en s’orientant par les principes qu’elle-même va puiser aux sources de la révélation.
C’est là ou ça bifurque entre vous matérialiste et nous. C’est un sujet très vaste et détailler la dedans donnerait un texte digne de Proust.
J’espère que tu vas visionner la vidéo en laissant tes appréhensions de côté (et t’inquiète il n’y a pratiquement rien de religieux dans la vidéo) , car elle répondra à tes questions car j’avais les mêmes que les tiennes avant de trouver la Voie.
Eddinito, je pense que vous perdez votre temps avec Paul Ashbey qui n’est pas susceptible d’être séduit par aucune religion, et l’islam moins que toute autre.
Il y a eu une petite confusion. Paul dit n’avoir pas la vue de vidéo, et moi non plus… dans un premier temps. Lorsqu’un commentateur poste d’affilée deux messages, je ne suis prévenu que du premier que je valide après lecture depuis ma boite mail. J’ai donc validé votre premier message, mais je n’ai vu que le lendemain votre second message avec la vidéo. Lorsque je l’ai validé, Paul vous avait répondu.
“j’avais les mêmes que les tiennes avant de trouver la Voie”
D’abord, je suis de la vieille école : on ne me tutoie pas quand on ne me connaît pas.
Ensuite, Lao Tseu l’a dit : “il faut trouver la voie”. Et c’est pourquoi je vais vous couper la tête, disait le Chinois fou dans “Le Lotus bleu” (Hergé, circa 1935). Ca tombe bien, les musulmans aident beaucoup de gens à trouver la voie en leur coupant la tête. Au couteau. Vidéos à votre disposition.
Qu’on me prouve, par écrit (pas par des discours cotonneux de vieillard sous pot de fleur), que l’islam connaissait les microbes au 7ème siècle (pas le 6ème, misérable infidèle, le grand mohamed n’avait pas été chié par sa mère, que le cul lui pèle), et je m’accroupis face à la mekke le cul en l’air. Mais ça tombe bien, on ne me le prouvera pas, bicoze c’est une ânerie.
Voilà. Je cause pas aux croyants. En plus, je les emmerde.
Bonsoir,
et justement non. Ca ne relativise pas du tout les religions. Bien au contraire. C’est même pour cela que les religions existent. Parce rien n’a de sens et parce que la machine a en fabriquer, c’est nous. Banal, certes, mais si vous avez une autre idée…
J’aime la façon dont vous vous penchez sur l’absurdité. J’aime même passionnément. La plupart des athées se gardent bien d’aller aussi loin et c’est avant de basculer que, deus ex machina, Clément Rosset, philosophe nietzschéen contemporain, invente la jubilation. Le palliatif automatique qu’il est peut-être le seul à connaître d’ailleurs. Celui qui lui fait le ventre rond et les joues roses. Pas hypocondriaque pour un sou le Clément. Et sans la moindre explication. Comme si in extremis une sorte de mécanique devait se mettre en branle et nous sauver d’un désespoir dans lequel d’autres, moins jubilants, n’ont pas hésité à plonger. La NDE éveillée et le déclenchement chimique du bonheur parfait qui vient adoucir les derniers instants.
Ce texte parle donc vrai. C’est le texte d’un athée qui ne jubile pas.
Il n’y a vraiment pas de quoi.
http://www.youtube.com/watch?v=DLdhVbkKwWo&feature=player_embedded
Si l’univers tel que vous le percevez n’a pas de sens, c’est probablement que vous n’avez pas de sens pour percevoir correctement cet univers.
A mon sens (quel régal) notre damnation est de n’être doué d’aucun sens faisant intervenir le continuum espace temps, et donc susceptible de l’appréhender autrement que par la pensée abstraite. Décrêter le temps répond à un besoin de cohésion existentiel, mais nous ne sommes pas plus capables pour autant de le percevoir. Nous avons forgé notre conception du temps de manière intuitive et sous contrainte de nécessité (elle n’est d’ailleurs pas uniforme puisque certains peuples perçoivent l’avenir derrière eux et ont structuré leur langage conformément à cette vision), afin de faire nôtre la continuité de notre vie. Malheureusement, ce n’est que l’expression de la limite de notre perception. Nous croyons ainsi que ce qui se conçoit doit se voir ou se toucher ou se sentir etc., et puisque nous pensons le temps continu “en soi”, nous idéalisons une conception de la continuité comme une série de choix discriminants mais reliés par la continuité temporelle. La simple connaissance des réalités les plus simples de la physique quantique nous plonge dès lors dans une perplexité totale. Comment réaliser (au sens premier d’accepter comme réelle) la concomitance de deux états distincts d’une particule en un même lieu et temps, ou l’intrication de deux particules, ou le principe d’incertitude d’Einsenberg? Comment accepter que la réalité physique qui nous entoure n’est que le fruit d’une addition barroque de résultats probabilistes?
Cet état du monde quantique nous est épistémologiquement étranger, tout comme le sont les principes sous-jascents de la théorie de la relativité générale, et il est à se demander si la quête d’une théorie générale unificatrice ne porte pas en elle l’espoir de ramener un peu d’humainement atteignable dans ce nouvel ordre des choses.
Cordialement
http://cmb.ehess.fr/document74.html
Et :
http://gabcloutier.wordpress.com/2009/10/23/le-reenchantement-du-monde-une-cle-pour-notre-survie/
Merci à G. Cloutier. Mais Prigogyne ne m’éclaire pas…
Pas plus d’ailleurs que ce texte, que je trouve prodigieux :
C’est là : http://www.jp-petit.org/science/arxiv/publications_recentes.htm#17_7_09 (un site par ailleurs extraordinairement riche et intelligent)
Tout ça coule de source. Si j’aurais su, j’aurais été moins con et j’aurais fait des études.
La preuve irréfutable du divin, histoire de détendre l’athmosphère… ;-)
http://www.leava.fr/cours-torah-judaisme/veracite-de-la-torah/400_la-preuve-irrefutable.php
Evidemment… la question, pour moi en tous cas, n’est pas d’être éclairé… Car sinon je n’ai plus qu’à attendre un messie qui n’arrivera pas, me privant ‚de la sorte, de ma propre liberté. Et nombreux de nos jours sont ceux qui l’attendent.
La destinée humaine est tellement absurde que j’ai décidé une bonne fois de ne pas m’y plier. Depuis le temps qu’on nous répète — de toutes parts — qu’on vit dans une caverne, il serait peut-être temps d’en évaluer nous-mêmes les contours…
Cela dit, il est bien dommage, M. Yanka, qu’on ne puisse être informé des réponses par mail…
Mais cher Gabriel Cloutier, je suis formel vous avez bel et bien été bippé!
En clin d’oeil léger à cette réplique que je trouve splendide entre les deux principaux personnages de La Cité des Anges:
Elle:(chirurgienne): Got a message for me?
Lui: (ange): I already gave it to you.
Elle: Well, did you use my pager? ‘Cause I usually don’t get my messages unless you beep me.
Lui: You’ve definitely been beeped.
@ Depassage,
Je n’ai pas vu “la cité des anges” mais “Les ailes du désir”, très récemment.
Subsistent quelques enchantés en ce bas-monde dont Wim Wenders. Je suis moi-même un ange. Gabriel. Et mon passage sur terre est consigné un peu partout dans différents ouvrages. Comme le dit Chesterton à qui je l’ai soufflé, il faut raisonner à l’envers pour penser à l’endroit. Autrement dit se faire à l’idée qu’il n’est pas assuré que nos pensées le soient. Merci pour votre extrait !
PS : Si seulement ne nous échappait que la physique quantique, tout irait bien ! Mais plus près de nous, si la ligne droite nous semble familière, alors qu’elle n’existe pas, nous ne disposons d’aucun outil pour concevoir, réellement, une ligne courbe.
Essayez pour voir d’imaginer une ligne courbe, vous m’en direz des nouvelles ! Une ligne courbe dans tous les sens, sans axe et sans plan.
C’est tout bonnement impossible et on se rend vite compte qu’il faut penser en creux ou à l’envers pour s’en sortir.
Le fameux “désenchantement” dont il est tant question de nos jours, n’est peut-être que a définition de ce que sera l’“enchantement” de demain”…
Cher Gabriel Cloutier,
J’avais vu ce film très humain et néanmoins éthéré à sa sortie. Très touchant.
A propos de toucher, d’anges et de courbe justement: que se passe-t-il vraiment au point de contact de l’ange et de l’humain?
Est-on sur des discontinuités? de la densité ou s’il n’est point remarquable, sur un point abhérrant?
Peut-être demander à Peter Falk, s’il veut bien nous répondre depuis juste là, enfin, juste au-delà?