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	<title>Commentaires sur : Cormacadam</title>
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	<pubDate>Sun, 01 Aug 2010 09:10:06 +0000</pubDate>
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		<title>Par : stephane</title>
		<link>http://www.yankay.net/opusxvii/index.php/cormacadam/comment-page-1/#comment-187</link>
		<dc:creator>stephane</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Nov 2008 11:46:40 +0000</pubDate>
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		<description>J’ai enfin trouvé le temps de lire La Route (j’y ai mis le temps, je sais !) et je suis enfin en mesure d’émettre quelques avis sur les analyses proposées ici.

Première remarque sur le style, dont j’ai lu (chez Ygor) que ce n’est pas ce que McCarthy a produit, de plus riche et de pittoresque. Certes, mais quel exercice de style tout de même, tout en noirs et en nuances de gris. Pendant presque 250 pages, les personnages évoluent dans le « rien », c’est-à-dire dans un univers de cendres, de goudron fondu, d’arbres brûlés et de maisons en ruines. Faire vivre l’histoire, dans ce contexte, sans donner l’impression de radoter et de tirer à la ligne, demeure quand même un bel exploit.

Exploit d’autant plus louable que les rebondissements sont rares et, à mon goût, un peu trop « téléphonés ». Comme par hasard, c’est toujours lorsque les deux protagonistes sont quasi morts de faim qu’apparaissent, miraculeusement, sur leur chemin, des boîtes de conserves, des vêtements, des couvertures etc. Et plus encore que les rares et très évasives allusions à Dieu ou à la Bible, c’est dans ces sauvetages inespérés que je vois la dimension « religieuse » du roman. Car de deux choses l’une : soit McCarthy est un rigolo qui se contente, pour sortir ses personnages de l’embarras des tours de passe-passe dignes de scénaristes de téléfilms de TF1, soit il donne une autre symbolique à ces « pêches miraculeuses » qui, autrement, sont plus agaçantes qu’autre chose.

C’st ce qui fait que ma lecture vient se situer à mi chemin entre celle d’Ygor et celle de Juan (drôle de position que de se retrouver entre le marteau et l’enclume). Ainsi, Juan a raison d’insister sur la dimension religieuse de La Route. Mais je crois qu’il se trompe (ou qu’il ne va pas assez loin) dans l’analyse qu’il fait de cette dimension religieuse.

Quand Juan écrit par exemple que : « La sauvagerie doit être voulue, désirée, embrassée, comme toute maîtresse digne de ce nom : elle ne peut s’emparer de l’homme que si ce dernier s’est débarrassé de sa claire vision de ce que sont le Bien et le Mal. » ou quand il écrit : « Que s’agit-il, dans ce roman barbare et foudroyant, de révéler ? La fondation d’une nouvelle chrétienté ? », il va soit trop loin(c’est la position d’Ygor), soit pas assez loin. Car oui, il y a bien, en « bruit de fond » du roman, cette vision manichéenne du monde, l’idée qu’un Bien existe et qu’il doit finir par terrasser le Mal, l’idée que l’Humanité peut être sauvée (la symbolique de l’enfant est effectivement assez parlante – limite facile d’ailleurs, mais bon – et, pourquoi pas, qu’une « nouvelle chrétienté » pourrait finir par voir le jour. Mais on ne peut pas s’en tenir qu’à cette vision religieuse. Si le roman de McCarthy ne disait « que » ça, ce ne serait qu’un pauvre bouquin tout juste utile à rassurer les culs bénis. Mais McCarthy oppose, d’une manière beaucoup plus tragique et profonde, deux mondes.

D’un côté, le monde de la croyance humaine en un Bien et un Mal, celui de l’espoir que toute Apocalypse, tout comme dans l’Ancien ou dans le Nouveau Testament, ne marque pas réellement une « fin », mais bien un nouveau « début ».

De l’autre, le monde de la réalité organique, physique, qui n’en a rien à secouer des croyances humaines et des mensonges que les hommes s’inventent pour conjurer leurs peurs. Dans le roman de McCarthy, tout est fini. La terre est morte et les humains achèvent de mourir. Aucun espoir à long terme, et pourtant les hommes continuent à vivre comme s’il y avait un « après ». À ce titre, une des phrases qui m’a parue être une des clefs du roman est la suivante : « Il ramassa un livre et feuilleta les lourdes pages gonflées d’humidité. Il n’aurait pas cru que la moindre petite chose pût dépendre d’un monde à venir. Ça le surprenait. Que l’espace que ces choses occupaient fût lui-même une attente » (.162) Phrase clef car elle dit tout du choc entre ce monde des croyances dont McCarthy lui-même ne parvient pas à se détacher, et ce monde réel, organique (rendu presque inorganique par le cataclysme nucléaire) qui ne laisse aucune place à l’espoir et qui semble dire aux hommes : « pourquoi continuez-vous à faire semblant puisque le spectacle est fini ! ».

C’est là que réside, pour moi, la grandeur du roman et sa superbe dimension tragique. Dans cette question qu’il nous pose : comment penser la « fin », la fin de l’humanité, mais aussi sa propre fin ? Avec son roman, McCarthy remet ces deux « fins » sur le même niveau : penser la mort de l’humanité ou penser sa propre mort, dans les deux cas ces pensées contiennent, intrinsèquement, une contradiction : penser la fin est quasiment impossible en soi sans rajouter à cette fin un « après ». Car cette fin sans « après » est absolument inconciliable avec l’idée d’une lutte entre le Bien et le Mal dont on sent bien que McCarthy peine à se détacher. Elle ne peut s’accorder qu’avec le principe, à la limite, d’une lutte entre le Bien et le Mal d’un côté et le néant de l’autre.

Confronté à cette interrogation (quelle attitude adopter face au néant, à la fin sans « après »), McCarthy semble avoir choisi (et c’est ce qui fait que son roman peut donner l’impression qu’il appelle à une forme de renouveau de la chrétienté) : il veut continuer à croire à l’espoir et à la victoire du Bien sur le Mal. Mais McCarthy, même s’il tend à les présenter de manière moins positives, nous propose néanmoins d’autres portes de sortie, d’autres réponses possibles. Le suicide : c’est la voie choisie par la mère de l’enfant qui exprime ainsi clairement que si tout est fini et qu’aucun « après » n’est possible, le « maintenant » n’existe plus non plus (ce que le héros pressent fortement dans l’extrait que je cite plus haut). Troisième voie ouverte par McCarthy, la plus horrible sans doute, mais peut-être aussi la plus « rationnelle » : le repli sur le vouloir-vivre. La morale n’a de sens que dans l’optique d’un après. Sans espoir, sans ouverture possible vers une quelconque transcendance, la vie animale est probablement ce qui se fait de plus adapté avec la réalité donnée et, dans le roman, les survivants qui mangent leurs enfants sont, à ce titre, bien plus cohérents avec le contexte que ceux qui ne le font pas et qui continuent à se replier derrière des préceptes moraux qui n’ont plus court.

Bref, cessons là, sinon ma réponse va finir par être plus longue que l’analyse d’Ygor !</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>J’ai enfin trouvé le temps de lire La Route (j’y ai mis le temps, je sais !) et je suis enfin en mesure d’émettre quelques avis sur les analyses proposées ici.</p>
<p>Première remarque sur le style, dont j’ai lu (chez Ygor) que ce n’est pas ce que McCarthy a produit, de plus riche et de pittoresque. Certes, mais quel exercice de style tout de même, tout en noirs et en nuances de gris. Pendant presque 250 pages, les personnages évoluent dans le « rien », c’est-à-dire dans un univers de cendres, de goudron fondu, d’arbres brûlés et de maisons en ruines. Faire vivre l’histoire, dans ce contexte, sans donner l’impression de radoter et de tirer à la ligne, demeure quand même un bel exploit.</p>
<p>Exploit d’autant plus louable que les rebondissements sont rares et, à mon goût, un peu trop « téléphonés ». Comme par hasard, c’est toujours lorsque les deux protagonistes sont quasi morts de faim qu’apparaissent, miraculeusement, sur leur chemin, des boîtes de conserves, des vêtements, des couvertures etc. Et plus encore que les rares et très évasives allusions à Dieu ou à la Bible, c’est dans ces sauvetages inespérés que je vois la dimension « religieuse » du roman. Car de deux choses l’une : soit McCarthy est un rigolo qui se contente, pour sortir ses personnages de l’embarras des tours de passe-passe dignes de scénaristes de téléfilms de TF1, soit il donne une autre symbolique à ces « pêches miraculeuses » qui, autrement, sont plus agaçantes qu’autre chose.</p>
<p>C’st ce qui fait que ma lecture vient se situer à mi chemin entre celle d’Ygor et celle de Juan (drôle de position que de se retrouver entre le marteau et l’enclume). Ainsi, Juan a raison d’insister sur la dimension religieuse de La Route. Mais je crois qu’il se trompe (ou qu’il ne va pas assez loin) dans l’analyse qu’il fait de cette dimension religieuse.</p>
<p>Quand Juan écrit par exemple que : « La sauvagerie doit être voulue, désirée, embrassée, comme toute maîtresse digne de ce nom : elle ne peut s’emparer de l’homme que si ce dernier s’est débarrassé de sa claire vision de ce que sont le Bien et le Mal. » ou quand il écrit : « Que s’agit-il, dans ce roman barbare et foudroyant, de révéler ? La fondation d’une nouvelle chrétienté ? », il va soit trop loin(c’est la position d’Ygor), soit pas assez loin. Car oui, il y a bien, en « bruit de fond » du roman, cette vision manichéenne du monde, l’idée qu’un Bien existe et qu’il doit finir par terrasser le Mal, l’idée que l’Humanité peut être sauvée (la symbolique de l’enfant est effectivement assez parlante – limite facile d’ailleurs, mais bon – et, pourquoi pas, qu’une « nouvelle chrétienté » pourrait finir par voir le jour. Mais on ne peut pas s’en tenir qu’à cette vision religieuse. Si le roman de McCarthy ne disait « que » ça, ce ne serait qu’un pauvre bouquin tout juste utile à rassurer les culs bénis. Mais McCarthy oppose, d’une manière beaucoup plus tragique et profonde, deux mondes.</p>
<p>D’un côté, le monde de la croyance humaine en un Bien et un Mal, celui de l’espoir que toute Apocalypse, tout comme dans l’Ancien ou dans le Nouveau Testament, ne marque pas réellement une « fin », mais bien un nouveau « début ».</p>
<p>De l’autre, le monde de la réalité organique, physique, qui n’en a rien à secouer des croyances humaines et des mensonges que les hommes s’inventent pour conjurer leurs peurs. Dans le roman de McCarthy, tout est fini. La terre est morte et les humains achèvent de mourir. Aucun espoir à long terme, et pourtant les hommes continuent à vivre comme s’il y avait un « après ». À ce titre, une des phrases qui m’a parue être une des clefs du roman est la suivante : « Il ramassa un livre et feuilleta les lourdes pages gonflées d’humidité. Il n’aurait pas cru que la moindre petite chose pût dépendre d’un monde à venir. Ça le surprenait. Que l’espace que ces choses occupaient fût lui-même une attente » (.162) Phrase clef car elle dit tout du choc entre ce monde des croyances dont McCarthy lui-même ne parvient pas à se détacher, et ce monde réel, organique (rendu presque inorganique par le cataclysme nucléaire) qui ne laisse aucune place à l’espoir et qui semble dire aux hommes : « pourquoi continuez-vous à faire semblant puisque le spectacle est fini ! ».</p>
<p>C’est là que réside, pour moi, la grandeur du roman et sa superbe dimension tragique. Dans cette question qu’il nous pose : comment penser la « fin », la fin de l’humanité, mais aussi sa propre fin ? Avec son roman, McCarthy remet ces deux « fins » sur le même niveau : penser la mort de l’humanité ou penser sa propre mort, dans les deux cas ces pensées contiennent, intrinsèquement, une contradiction : penser la fin est quasiment impossible en soi sans rajouter à cette fin un « après ». Car cette fin sans « après » est absolument inconciliable avec l’idée d’une lutte entre le Bien et le Mal dont on sent bien que McCarthy peine à se détacher. Elle ne peut s’accorder qu’avec le principe, à la limite, d’une lutte entre le Bien et le Mal d’un côté et le néant de l’autre.</p>
<p>Confronté à cette interrogation (quelle attitude adopter face au néant, à la fin sans « après »), McCarthy semble avoir choisi (et c’est ce qui fait que son roman peut donner l’impression qu’il appelle à une forme de renouveau de la chrétienté) : il veut continuer à croire à l’espoir et à la victoire du Bien sur le Mal. Mais McCarthy, même s’il tend à les présenter de manière moins positives, nous propose néanmoins d’autres portes de sortie, d’autres réponses possibles. Le suicide : c’est la voie choisie par la mère de l’enfant qui exprime ainsi clairement que si tout est fini et qu’aucun « après » n’est possible, le « maintenant » n’existe plus non plus (ce que le héros pressent fortement dans l’extrait que je cite plus haut). Troisième voie ouverte par McCarthy, la plus horrible sans doute, mais peut-être aussi la plus « rationnelle » : le repli sur le vouloir-vivre. La morale n’a de sens que dans l’optique d’un après. Sans espoir, sans ouverture possible vers une quelconque transcendance, la vie animale est probablement ce qui se fait de plus adapté avec la réalité donnée et, dans le roman, les survivants qui mangent leurs enfants sont, à ce titre, bien plus cohérents avec le contexte que ceux qui ne le font pas et qui continuent à se replier derrière des préceptes moraux qui n’ont plus court.</p>
<p>Bref, cessons là, sinon ma réponse va finir par être plus longue que l’analyse d’Ygor !</p>
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	</item>
	<item>
		<title>Par : Didier Goux</title>
		<link>http://www.yankay.net/opusxvii/index.php/cormacadam/comment-page-1/#comment-99</link>
		<dc:creator>Didier Goux</dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Jul 2008 17:52:36 +0000</pubDate>
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		<description>Bon, il me reste une cinquantaine de pages à lire encore, mais je n'ai pu, ce soir, résister au plaisir de venir lire votre billet, ainsi que votre échange avec Juan Asensio, ponctué par les interventions de M. Marco, que je ne connais pas.

En réalité, je suis bien embêté, entre Juan et vous. Car si je suis le plus souvent d'accord avec ce que vous dites de ce magnifique (et terrifiant) livre (notamment votre développement sur la mémoire du futur), je dois dire que, tout comme Juan, la dimension (ou une certaine dimension) religieuse m'a frappé. Dans ce monde atroce, à la fois désert mais peuplé d'ombres menaçantes, pourquoi ai-je eu, à plusieurs reprises, l'impression que QUELQU'UN accompagnait la marche aveugle de ce père et de son enfant ?

Je ne pense pas que les deux personnages vont vers un quelconque Dieu, mais il ne me semble pas impossible (je l'ai ressenti en tout cas, et dans l'écriture même) qu'ils soient escorté, ou en tout cas VUS par une présence non humaine. Et je me demande même si Dieu (ou cette présence non humaine) ne serait pas la route elle-même. Ce qui fait qu'il ne s'agirait plus, alors, de fuir ni de chercher à rejoindre, mais plus simplement et plus essentiellement d'arpenter, de reconnaître un territoire.

Je sens bien que je balbutie et tâtonne au lieu d'éclairer, et cela m'énerve ! Je précise s'il était besoin que je ne suis pas du tout croyant, si toutefois cela indique quelque chose.

Autre chose me frappe dans La Route, et c'est cette couleur grise qui noie et uniformise ; qui indifférencie, au sens que Girard donne à ce verbe. Effacement des couleurs et des formes qui conduit à la guerre de tous contre tous, l'homme devenant effectivement, au sens le plus brutal et terrible, un loup pour l'homme (scène du bétail humain dans la cave, ou la "réserve").

Je ne peux évidemment rien dire de la scène finale qui, si j'ai bien compris, provoque des divergences de vue et d'appréciation entre M. Marco et vous. J'y reviendrai demain, si tant est que j'aie l'impression de pouvoir en dire quelque chose.

En attendant, je viens de commander "Non, ce pays n'est pas fait pour le vieil homme", ainsi que "Absalon, Absalon !" que je n'ai encore jamais lu. 

Bon après-midi à vous... et bonne soirée à Juan.

Didier</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Bon, il me reste une cinquantaine de pages à lire encore, mais je n’ai pu, ce soir, résister au plaisir de venir lire votre billet, ainsi que votre échange avec Juan Asensio, ponctué par les interventions de M. Marco, que je ne connais pas.</p>
<p>En réalité, je suis bien embêté, entre Juan et vous. Car si je suis le plus souvent d’accord avec ce que vous dites de ce magnifique (et terrifiant) livre (notamment votre développement sur la mémoire du futur), je dois dire que, tout comme Juan, la dimension (ou une certaine dimension) religieuse m’a frappé. Dans ce monde atroce, à la fois désert mais peuplé d’ombres menaçantes, pourquoi ai-je eu, à plusieurs reprises, l’impression que QUELQU’UN accompagnait la marche aveugle de ce père et de son enfant ?</p>
<p>Je ne pense pas que les deux personnages vont vers un quelconque Dieu, mais il ne me semble pas impossible (je l’ai ressenti en tout cas, et dans l’écriture même) qu’ils soient escorté, ou en tout cas VUS par une présence non humaine. Et je me demande même si Dieu (ou cette présence non humaine) ne serait pas la route elle-même. Ce qui fait qu’il ne s’agirait plus, alors, de fuir ni de chercher à rejoindre, mais plus simplement et plus essentiellement d’arpenter, de reconnaître un territoire.</p>
<p>Je sens bien que je balbutie et tâtonne au lieu d’éclairer, et cela m’énerve ! Je précise s’il était besoin que je ne suis pas du tout croyant, si toutefois cela indique quelque chose.</p>
<p>Autre chose me frappe dans La Route, et c’est cette couleur grise qui noie et uniformise ; qui indifférencie, au sens que Girard donne à ce verbe. Effacement des couleurs et des formes qui conduit à la guerre de tous contre tous, l’homme devenant effectivement, au sens le plus brutal et terrible, un loup pour l’homme (scène du bétail humain dans la cave, ou la “réserve”).</p>
<p>Je ne peux évidemment rien dire de la scène finale qui, si j’ai bien compris, provoque des divergences de vue et d’appréciation entre M. Marco et vous. J’y reviendrai demain, si tant est que j’aie l’impression de pouvoir en dire quelque chose.</p>
<p>En attendant, je viens de commander “Non, ce pays n’est pas fait pour le vieil homme”, ainsi que “Absalon, Absalon !” que je n’ai encore jamais lu. </p>
<p>Bon après-midi à vous… et bonne soirée à Juan.</p>
<p>Didier</p>
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	</item>
	<item>
		<title>Par : Didier Goux</title>
		<link>http://www.yankay.net/opusxvii/index.php/cormacadam/comment-page-1/#comment-98</link>
		<dc:creator>Didier Goux</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Jul 2008 18:31:56 +0000</pubDate>
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		<description>Roman reçu et commencé ce jour. Je reviens lire votre billet (et vos échanges avec Juan) dès que je l'ai terminé.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Roman reçu et commencé ce jour. Je reviens lire votre billet (et vos échanges avec Juan) dès que je l’ai terminé.</p>
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	</item>
	<item>
		<title>Par : Stalker</title>
		<link>http://www.yankay.net/opusxvii/index.php/cormacadam/comment-page-1/#comment-93</link>
		<dc:creator>Stalker</dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Jul 2008 18:36:28 +0000</pubDate>
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		<description>Ah, ouf, vous vous dégelez et, consécutivement, nous avançons.
Voyons chez Ygor, ne simplifiez pas, à votre tour : il y aurait donc chez moi un impassible lecteur, férocement et forcément critique (et cela seul) ? Mais non voyons, ce serait si simple ? Vous croyez donc qu'un livre ne me touche pas en tant que "simple" (mais qu'est-ce que cela veut donc dire je vous prie ?) lecteur ? Ah bon ? Vous vous imaginez, benoîtement, que je lis avec une règle, une boussole et un compas, n'oubliant donc jamais de calculer ma position, en bonne vigie de Sainte-Beuve que je veux être ?
Tssss, à d'autres mon cher !
Je ne vous simplifie pas, rendez-moi la politesse tout de même : vous le savez d'ailleurs parfaitement bien, ayant critiqué (dans le sens le plus intelligent de ce terme) nombre de mes textes.
Avec moi (je veux dire : avec mes critiques, du moins les meilleures), rien n'est facile, encore moins simple, accordez-moi ce point de simple bon sens et je vous offrirai une bouteille de tous les diables lorsque je viendrai vous voir au milieu de vos ours (ne me dites pas qu'il n'y en a plus, j'aurais une attaque cardiaque ).
Un point tout de même, Ygor. Effectivement, depuis No Country..., McCarthy me paraît un peu trop simple, alors que Suttre et surtout Méridien de sang étaient formidablement riches. Reste que McCarthy ne s'est hissé à la hauteur de son père, Faulkner (mais si, je me tue à établir cette filiation, pas forcément concernant La Route) que dans ces deux seuls romans que je viens de citer.
J'ai beau admirer férocement McCarthy, rien ne saurait égaler le génie de Faulkner dans Absalon, Absalon ! ou Parabole.
Marco : je ne tapai pas à côté, je vous poussais à être davantage clair, ce qui est désormais le cas, donc, nous sommes d'accord.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Ah, ouf, vous vous dégelez et, consécutivement, nous avançons.<br />
Voyons chez Ygor, ne simplifiez pas, à votre tour : il y aurait donc chez moi un impassible lecteur, férocement et forcément critique (et cela seul) ? Mais non voyons, ce serait si simple ? Vous croyez donc qu’un livre ne me touche pas en tant que “simple” (mais qu’est-ce que cela veut donc dire je vous prie ?) lecteur ? Ah bon ? Vous vous imaginez, benoîtement, que je lis avec une règle, une boussole et un compas, n’oubliant donc jamais de calculer ma position, en bonne vigie de Sainte-Beuve que je veux être ?<br />
Tssss, à d’autres mon cher !<br />
Je ne vous simplifie pas, rendez-moi la politesse tout de même : vous le savez d’ailleurs parfaitement bien, ayant critiqué (dans le sens le plus intelligent de ce terme) nombre de mes textes.<br />
Avec moi (je veux dire : avec mes critiques, du moins les meilleures), rien n’est facile, encore moins simple, accordez-moi ce point de simple bon sens et je vous offrirai une bouteille de tous les diables lorsque je viendrai vous voir au milieu de vos ours (ne me dites pas qu’il n’y en a plus, j’aurais une attaque cardiaque ).<br />
Un point tout de même, Ygor. Effectivement, depuis No Country…, McCarthy me paraît un peu trop simple, alors que Suttre et surtout Méridien de sang étaient formidablement riches. Reste que McCarthy ne s’est hissé à la hauteur de son père, Faulkner (mais si, je me tue à établir cette filiation, pas forcément concernant La Route) que dans ces deux seuls romans que je viens de citer.<br />
J’ai beau admirer férocement McCarthy, rien ne saurait égaler le génie de Faulkner dans Absalon, Absalon ! ou Parabole.<br />
Marco : je ne tapai pas à côté, je vous poussais à être davantage clair, ce qui est désormais le cas, donc, nous sommes d’accord.</p>
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	</item>
	<item>
		<title>Par : Yanka</title>
		<link>http://www.yankay.net/opusxvii/index.php/cormacadam/comment-page-1/#comment-92</link>
		<dc:creator>Yanka</dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Jul 2008 17:57:28 +0000</pubDate>
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		<description>Juan... Si vous tenez à avoir raison, si c'est impératif pour vous, je suis prêt à vous accorder ma bénédiction, si toutefois vous acceptez d'être béni par un vieux singe grimé en abbé.

Vous voyez dans ce livre ce que vous voulez y voir, tandis que moi, comme je l'ai reconnu, j'ai mis l'accent sur ce qui m'avait surtout frappé, sans nier le reste. Je ne prétends pas avoir fait une critique du livre, mais avoir livré quelques réflexions issues de ma lecture, réflexions forcément subjectives. Ce qui m'a frappé surtout, et touché, c'est la terrible solitude mentale du père, la vacuité de ses souvenirs, sa nostalgie qu'il ne peut partager avec la chair de sa chair. Vous allez me traiter de nigaud, de jobard, mais il est apparent que j'ai fait de ce livre une lecture psychologique. Je ne l'ai pas lu en critique, mais en simple lecteur, comme j'en ai fait l'aveu apparemment honteux selon vos critères.

Vous voyez dans « La route » le filigrane, mais pas l'étoffe (moi, dirait-on, c'est le contraire). Ce livre avant d'être une espèce de parabole ou d'évangile, est l'histoire de deux êtres, un père et son fils, et le sujet du roman est la relation qu'ils entretiennent dans des circonstances tout de même singulières. D'abord cela, le reste ensuite, si vous y tenez. S'il y a dans « La route » une dimension religieuse, sans le décorum et les vapeurs d'encens, il y a avant tout une dimension humaine, et celle-là me touche avant l'autre, parce que si je semble avoir une tête, j'ai aussi des sentiments et suis capable de m'émouvoir, bien que je nie pas que cela puisse être parfois une faiblesse.

Vous êtes bien méprisant avec Marco. Il ne fait pas du gamin du roman un clone de sa fille. Il a un enfant, et il est donc capable, mieux que vous sans doute, de comprendre pourquoi le père agit de la sorte, pourquoi il ne se reconnait pas dans ce fils étrange et étranger. 

Avant d'être saints, les saints étaient des hommes et des femmes, pas forcément des croyants. Et eux-mêmes ne se disaient pas saints, c'est l'Église qui les récupère toujours, comme enseignes. Alors si les saints se passent - parfois, pas toujours - de l'Église, l'Église ne peut faire sans eux. Beaucoup, qui sont devenus des saints, étaient de stricts serviteurs de l'Église (Augustin, Thomas d'Aquin, et même Bellarmin, terrible inquisiteur du XVIe siècle, canonisé en 1930 seulement, lui qui a été l'instructeur à charge du procès de Giordano Bruno dont il a obtenu la condamnation, suite à quoi Bruno, brillant intellectuel, moine dominicain, fut brulé vif). 

Vous ne parlez pas de théologie, pour le coup c'est moi qui fait avec vous de l'herméneutique. Toutefois, vous parlez bien de « nouveau christianisme ». Le christianisme est une religion, et pas de religion sans théologie. Vous parlez donc bien de nouvelle théologie, si vous n'utilisez pas le terme. 

« La symbolique de ce livre est judéo-chrétienne. » Rien à redire là-dessus. Ce n'est pas pour autant que c'est un roman chrétien, digne de figurer dans votre bibliothèque entre les aphorismes de l'abbé Pierre et les pensées de Jan Hus. Que savons-nous de plus sur « La route » que McCarthy n'y a mis, en clair, lui qui n'est pas volontiers énigmatique, s'il est complexe et parfois ambigu (ambigu sans hypocrisie, parce que son dessein n'est pas de nous fourguer une quelconque théologie, il est avant toute chose un romancier, un raconteur d'histoires, comme Faulkner son grand frère, ce que vous oubliez parfois, et non un prophète venu nous proposer une nouvelle théologie, avec en guise de cadeau de lancement son fils comme premier saint et probable premier martyr). 

« La route » n'est pas un livre désespérant, mais c'est une œuvre cruelle et dure, impitoyable presque. McCarthy ne regarde pas le monde comme un beau livre d'images, c'est le moins qu'on puisse dire. Et je ne le sens pas très pressé de remplacer le dieu des chrétiens par un avatar, fût-il son propre fils.

Vous en curé ? Ce serait très drôle, mais je ne pousse pas le bouchon si loin, même si, contrairement à ce que vous pourriez croire, j'aime bien les curés, avec lesquels j'ai toujours eu des conversations intéressantes, comme avec vous d'ailleurs.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Juan… Si vous tenez à avoir raison, si c’est impératif pour vous, je suis prêt à vous accorder ma bénédiction, si toutefois vous acceptez d’être béni par un vieux singe grimé en abbé.</p>
<p>Vous voyez dans ce livre ce que vous voulez y voir, tandis que moi, comme je l’ai reconnu, j’ai mis l’accent sur ce qui m’avait surtout frappé, sans nier le reste. Je ne prétends pas avoir fait une critique du livre, mais avoir livré quelques réflexions issues de ma lecture, réflexions forcément subjectives. Ce qui m’a frappé surtout, et touché, c’est la terrible solitude mentale du père, la vacuité de ses souvenirs, sa nostalgie qu’il ne peut partager avec la chair de sa chair. Vous allez me traiter de nigaud, de jobard, mais il est apparent que j’ai fait de ce livre une lecture psychologique. Je ne l’ai pas lu en critique, mais en simple lecteur, comme j’en ai fait l’aveu apparemment honteux selon vos critères.</p>
<p>Vous voyez dans « La route » le filigrane, mais pas l’étoffe (moi, dirait-on, c’est le contraire). Ce livre avant d’être une espèce de parabole ou d’évangile, est l’histoire de deux êtres, un père et son fils, et le sujet du roman est la relation qu’ils entretiennent dans des circonstances tout de même singulières. D’abord cela, le reste ensuite, si vous y tenez. S’il y a dans « La route » une dimension religieuse, sans le décorum et les vapeurs d’encens, il y a avant tout une dimension humaine, et celle-là me touche avant l’autre, parce que si je semble avoir une tête, j’ai aussi des sentiments et suis capable de m’émouvoir, bien que je nie pas que cela puisse être parfois une faiblesse.</p>
<p>Vous êtes bien méprisant avec Marco. Il ne fait pas du gamin du roman un clone de sa fille. Il a un enfant, et il est donc capable, mieux que vous sans doute, de comprendre pourquoi le père agit de la sorte, pourquoi il ne se reconnait pas dans ce fils étrange et étranger. </p>
<p>Avant d’être saints, les saints étaient des hommes et des femmes, pas forcément des croyants. Et eux-mêmes ne se disaient pas saints, c’est l’Église qui les récupère toujours, comme enseignes. Alors si les saints se passent — parfois, pas toujours — de l’Église, l’Église ne peut faire sans eux. Beaucoup, qui sont devenus des saints, étaient de stricts serviteurs de l’Église (Augustin, Thomas d’Aquin, et même Bellarmin, terrible inquisiteur du XVIe siècle, canonisé en 1930 seulement, lui qui a été l’instructeur à charge du procès de Giordano Bruno dont il a obtenu la condamnation, suite à quoi Bruno, brillant intellectuel, moine dominicain, fut brulé vif). </p>
<p>Vous ne parlez pas de théologie, pour le coup c’est moi qui fait avec vous de l’herméneutique. Toutefois, vous parlez bien de « nouveau christianisme ». Le christianisme est une religion, et pas de religion sans théologie. Vous parlez donc bien de nouvelle théologie, si vous n’utilisez pas le terme. </p>
<p>« La symbolique de ce livre est judéo-chrétienne. » Rien à redire là-dessus. Ce n’est pas pour autant que c’est un roman chrétien, digne de figurer dans votre bibliothèque entre les aphorismes de l’abbé Pierre et les pensées de Jan Hus. Que savons-nous de plus sur « La route » que McCarthy n’y a mis, en clair, lui qui n’est pas volontiers énigmatique, s’il est complexe et parfois ambigu (ambigu sans hypocrisie, parce que son dessein n’est pas de nous fourguer une quelconque théologie, il est avant toute chose un romancier, un raconteur d’histoires, comme Faulkner son grand frère, ce que vous oubliez parfois, et non un prophète venu nous proposer une nouvelle théologie, avec en guise de cadeau de lancement son fils comme premier saint et probable premier martyr). </p>
<p>« La route » n’est pas un livre désespérant, mais c’est une œuvre cruelle et dure, impitoyable presque. McCarthy ne regarde pas le monde comme un beau livre d’images, c’est le moins qu’on puisse dire. Et je ne le sens pas très pressé de remplacer le dieu des chrétiens par un avatar, fût-il son propre fils.</p>
<p>Vous en curé ? Ce serait très drôle, mais je ne pousse pas le bouchon si loin, même si, contrairement à ce que vous pourriez croire, j’aime bien les curés, avec lesquels j’ai toujours eu des conversations intéressantes, comme avec vous d’ailleurs.</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Marco</title>
		<link>http://www.yankay.net/opusxvii/index.php/cormacadam/comment-page-1/#comment-91</link>
		<dc:creator>Marco</dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Jul 2008 17:20:41 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.yankay.net/opusxvii/index.php/cormacadam/#comment-91</guid>
		<description>@ Stalker: ah ça, insatiable vous êtes, toujours partant pour en découdre. Mais ne me parlez pas comme si j'étais un guignol alors que vous savez que je ne suis pas un guignol. En l'occurrence, inutile de m'expliquer en quoi consiste la création romanesque d'un personnage. Ou alors moi je dois vous expliquer que le romancier Mac Carthy a créé son personnage d'enfant sans penser, je vous le confirme, à ma fille (dont je parlais dans une courte parenthèse, avec tout le poids que peut avoir une courte parenthèse), mais en pensant à ce qu'est l'enfance, à partir de ce qu'il a vu des enfants, des enfants bien réels. En termes d'analyses, l'approche psychologisante est "touchante et ridicule" on est bien d'accord, mais le romancier crée sur des ressorts psychologiques, qu'il faut bien prendre en compte à un moment ou à un autre, sous peine de sombrer dans l'abstraction. Par ailleurs, vous avez très bien compris que je ne parlais d'une "psychologie" d'un enfant, mais d'une manière d'être singulière, propre à tout enfant, de chair ou de papier. Bref, peu importe, vous savez que je vous apprécie même quand vous tapez à côté.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>@ Stalker: ah ça, insatiable vous êtes, toujours partant pour en découdre. Mais ne me parlez pas comme si j’étais un guignol alors que vous savez que je ne suis pas un guignol. En l’occurrence, inutile de m’expliquer en quoi consiste la création romanesque d’un personnage. Ou alors moi je dois vous expliquer que le romancier Mac Carthy a créé son personnage d’enfant sans penser, je vous le confirme, à ma fille (dont je parlais dans une courte parenthèse, avec tout le poids que peut avoir une courte parenthèse), mais en pensant à ce qu’est l’enfance, à partir de ce qu’il a vu des enfants, des enfants bien réels. En termes d’analyses, l’approche psychologisante est “touchante et ridicule” on est bien d’accord, mais le romancier crée sur des ressorts psychologiques, qu’il faut bien prendre en compte à un moment ou à un autre, sous peine de sombrer dans l’abstraction. Par ailleurs, vous avez très bien compris que je ne parlais d’une “psychologie” d’un enfant, mais d’une manière d’être singulière, propre à tout enfant, de chair ou de papier. Bref, peu importe, vous savez que je vous apprécie même quand vous tapez à côté.</p>
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	</item>
	<item>
		<title>Par : Stalker</title>
		<link>http://www.yankay.net/opusxvii/index.php/cormacadam/comment-page-1/#comment-90</link>
		<dc:creator>Stalker</dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Jul 2008 16:40:40 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.yankay.net/opusxvii/index.php/cormacadam/#comment-90</guid>
		<description>Tiens, pour la peine, commençant à douter de ce que j'ai écrit sur ce roman, j'ai relu mon article : où donc, Ygor, avez-vous vu que je parlais de théologie ? Je suis même plus prudent que vous puisque j'écris noir sur blanc que Dieu (peut-être), est mort.
Reste que la symbolique de ce livre est judéo-chrétienne, quelles que soient les subtilités que vous avancerez pour tenter de nous faire croire à autre chose.
Cela vous va, comme ambiguïté ? Voyons, souvenez-vous de ce que vous avez lu, mille bonnes fois, sous ma plume : Larvatus pro deo et autres apotropéennes lectures d'ouvrages où le sacré figure en creux.
Vous voulez faire de moi un curé ou quoi ? Pas de bol, j'adore, selon le conseil de Daudet à Bernanos, "espacer les soutanes"...
Allons allons Ygor, pour le coup, je vous ai lu/connu bien plus attentif à ce que vous lisiez et, surtout, subtile.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Tiens, pour la peine, commençant à douter de ce que j’ai écrit sur ce roman, j’ai relu mon article : où donc, Ygor, avez-vous vu que je parlais de théologie ? Je suis même plus prudent que vous puisque j’écris noir sur blanc que Dieu (peut-être), est mort.<br />
Reste que la symbolique de ce livre est judéo-chrétienne, quelles que soient les subtilités que vous avancerez pour tenter de nous faire croire à autre chose.<br />
Cela vous va, comme ambiguïté ? Voyons, souvenez-vous de ce que vous avez lu, mille bonnes fois, sous ma plume : Larvatus pro deo et autres apotropéennes lectures d’ouvrages où le sacré figure en creux.<br />
Vous voulez faire de moi un curé ou quoi ? Pas de bol, j’adore, selon le conseil de Daudet à Bernanos, “espacer les soutanes”…<br />
Allons allons Ygor, pour le coup, je vous ai lu/connu bien plus attentif à ce que vous lisiez et, surtout, subtile.</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Stalker</title>
		<link>http://www.yankay.net/opusxvii/index.php/cormacadam/comment-page-1/#comment-89</link>
		<dc:creator>Stalker</dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Jul 2008 16:33:26 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.yankay.net/opusxvii/index.php/cormacadam/#comment-89</guid>
		<description>Allons, Ygor, ne faites pas de ma critique, je crois subtile, ce qu'elle n'est pas, cela va vite me fatiguer.
Votre interprétation de l'ultime rencontre est soit un trait d'humour, soit un symptôme de grave névrose. Apparemment, le rosé que vous buvez est sacrément fort dans votre coin. Vous êtes certain de ne pas le couper avec un peu de vodka ?
J'adore lorsque vous me faite la leçon vieux singe, histoire de me montrer que le souci de la forme n'est pas faribole... Sans blague dites-moi ? Vous avez d'autres terribles choses, cachées depuis la création du monde, à me révéler sur l'écriture ?
Je suis tout ouïe.
Je vous faisais juste remarquer que vous faites davantage universitaire (au mauvais sens du terme, vous l'aurez compris) dans cet article que moi dans le mien.
Marco : les explications par la psychologie ont toujours deux caractéristiques, touchantes et ridicules, ridicules et touchantes si vous préférez.
Plutôt que de faire d'un personnage de roman le calque de votre fille, petite cousine ou arrière-grand-mère, dites-vous tout simplement que McCarthy est un écrivain (je crois) et qu'il a fait du personnage de l'enfant ce qu'il voulait, une espèce donc, au risque de faire pousser à Ygor un cheveu sur son crâne, de saint sans Eglise.
D'ailleurs, les saints se sont toujours passés de l'Eglise.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Allons, Ygor, ne faites pas de ma critique, je crois subtile, ce qu’elle n’est pas, cela va vite me fatiguer.<br />
Votre interprétation de l’ultime rencontre est soit un trait d’humour, soit un symptôme de grave névrose. Apparemment, le rosé que vous buvez est sacrément fort dans votre coin. Vous êtes certain de ne pas le couper avec un peu de vodka ?<br />
J’adore lorsque vous me faite la leçon vieux singe, histoire de me montrer que le souci de la forme n’est pas faribole… Sans blague dites-moi ? Vous avez d’autres terribles choses, cachées depuis la création du monde, à me révéler sur l’écriture ?<br />
Je suis tout ouïe.<br />
Je vous faisais juste remarquer que vous faites davantage universitaire (au mauvais sens du terme, vous l’aurez compris) dans cet article que moi dans le mien.<br />
Marco : les explications par la psychologie ont toujours deux caractéristiques, touchantes et ridicules, ridicules et touchantes si vous préférez.<br />
Plutôt que de faire d’un personnage de roman le calque de votre fille, petite cousine ou arrière-grand-mère, dites-vous tout simplement que McCarthy est un écrivain (je crois) et qu’il a fait du personnage de l’enfant ce qu’il voulait, une espèce donc, au risque de faire pousser à Ygor un cheveu sur son crâne, de saint sans Eglise.<br />
D’ailleurs, les saints se sont toujours passés de l’Eglise.</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Marco</title>
		<link>http://www.yankay.net/opusxvii/index.php/cormacadam/comment-page-1/#comment-88</link>
		<dc:creator>Marco</dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Jul 2008 15:51:14 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.yankay.net/opusxvii/index.php/cormacadam/#comment-88</guid>
		<description>Je suis bien d'accord avec vous. Peut être juste un élément de réponse à votre question (que je reformule): "comment un enfant à qui on n'a pas inculqué de valeurs chrétiennes a pu intérioriser ces mêmes valeurs?" En fait, si, le père lui a implicitement mais fortement inculqué les valeurs de compassion, de charité, de souci d'autrui... en ne cessant de le protéger, de veiller à son bien être etc. En fait, l'enfant ne fait que généraliser ces principes (les enfants généralisent tout, c'est bien le problème avec eux); de plus, les enfants voulant toujours un monde rassurant autour d'eux, les problèmes des autres les inquiètent à titre personnel (je l'ai observé avec ma fille, à 5 ans elle parlait tout le temps de se sacrifier pour prendre la place de tel ou tel malheureux, c'était flippant... heureusement, ça lui a passé); là le fils angoissé voudrait que ça s'arrange pour tous ceux qu'il rencontre, c'est un égoïsme étendu aux autres en quelque sorte, une pensée magique (si les autres vont bien, j'irai bien aussi) ou une sorte de christianisme spontané, hors dogmes bien entendu, et qui ne dure que le temps de l'enfance.
Pour l'épilogue culcul, oui et non. Une mort sordide ou une fin "ouverte" aurait été une autre facilité romanesque, complètement univoque ou creuse pour le coup.
Merci en tout cas pour votre étude.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Je suis bien d’accord avec vous. Peut être juste un élément de réponse à votre question (que je reformule): “comment un enfant à qui on n’a pas inculqué de valeurs chrétiennes a pu intérioriser ces mêmes valeurs?” En fait, si, le père lui a implicitement mais fortement inculqué les valeurs de compassion, de charité, de souci d’autrui… en ne cessant de le protéger, de veiller à son bien être etc. En fait, l’enfant ne fait que généraliser ces principes (les enfants généralisent tout, c’est bien le problème avec eux); de plus, les enfants voulant toujours un monde rassurant autour d’eux, les problèmes des autres les inquiètent à titre personnel (je l’ai observé avec ma fille, à 5 ans elle parlait tout le temps de se sacrifier pour prendre la place de tel ou tel malheureux, c’était flippant… heureusement, ça lui a passé); là le fils angoissé voudrait que ça s’arrange pour tous ceux qu’il rencontre, c’est un égoïsme étendu aux autres en quelque sorte, une pensée magique (si les autres vont bien, j’irai bien aussi) ou une sorte de christianisme spontané, hors dogmes bien entendu, et qui ne dure que le temps de l’enfance.<br />
Pour l’épilogue culcul, oui et non. Une mort sordide ou une fin “ouverte” aurait été une autre facilité romanesque, complètement univoque ou creuse pour le coup.<br />
Merci en tout cas pour votre étude.</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Yanka</title>
		<link>http://www.yankay.net/opusxvii/index.php/cormacadam/comment-page-1/#comment-87</link>
		<dc:creator>Yanka</dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Jul 2008 15:23:17 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.yankay.net/opusxvii/index.php/cormacadam/#comment-87</guid>
		<description>@ Stalker &gt; Je ne me vois pas du tout comme le crucifié de Grünewald. Je parle d'un livre, des impressions qu'il me laisse et non de l'existence en général ni de ma vie en particulier. Je suis spirituellement et mentalement plus proche de Muray (qui sait rire de tout, bien que très lucide) que de Richard Millet (un vrai crucifié, celui-là, lucide aussi, doté d'une excellente plume, mais sans humour). 
Vous me voyez transi de froid et accroché à mon grog, le nez rouge, un stalactite au bout. Saviez-vous que les étés sont très chauds au Québec ? Nous avons des températures excédant 35° et s'il m'arrive de boire, ce serait plutôt du rosé ces derniers temps. Toutefois, en très mauvais écrivain américain, je n'écris jamais quand je bois (sauf du café, c'est mon côté balzacien).
Vous citez plusieurs auteurs et faites références à plusieurs livres : c'est ce que je disais.
« Focalisation externe ». Je parle de la technique employée par McCarthy et c'est ainsi qu'on la nomme, je n'y puis rien. Si vous écriviez des romans, peut-être que les procédés d'écriture vous intéresseraient. Les idées, d'accord, mais le style employé compte aussi, ce n'est pas que vain esthétisme.
La troisième rencontre ? Ben oui, l'homme est mort, et donc ce n'est pas une rencontre qu'ils font. L'homme meurt, mais c'est l'enfant qui voit des anges, tombés soudain du Ciel. Étrange... 
Vieux ? À moitié. Singe ? Volontiers. Rusé ? Parfois, je l'avoue. 

@ Obskur &gt; votre adresse e-mail est amusante. Pas lu « L'obscurité du dehors » encore. Je pensais m'en prendre à « Suttree », mais ce ne serait pas idiot de reprendre le Cormac par le début, c'est toujours intéressant de voir les thèmes et le style d'un auteur se développer.

@ Marco &gt; Je ne nie pas qu'on puisse faire une lecture religieuse de « La route », ni qu'il y ait une dimension religieuse certaine. Je conteste seulement que McCarthy prétende fonder ou refonder quelque chose comme une nouvelle théologie. Votre éclairage est d'ailleurs très intéressant. N'est-ce pas un peu bizarre que cet enfant du « monde d'après » aient des valeurs chrétiennes ? Qui les lui a apprises ? Serait-ce qu'il est pur, faute d'avoir été corrompu par les valeurs de l'ancien monde (le nôtre) : matérialisme, mercantilisme, etc. ? Peut-être, mais comment est-ce possible, vu qu'il rencontre chaque jour des êtres dont on ne peut dire qu'ils soient très exemplaires. Or, pour avoir des valeurs, il faut bien les avoir vues à l'œuvre quelque part. Ce n'est pas de son père qu'il a appris la compassion, la charité, le souci d'autrui. Pour moi, ce livre est en réalité un bréviaire pour le jeune Francis McCarthy : « Ne désespère jamais, mon fils. N'abandonne jamais. Sois aimant, charitable, bon, etc. Ne fais pas comme ton père que le monde a corrompu, etc. » C'est touchant, mais un peu cucul tout de même. Ce happy-end est le seul reproche que je fais au livre. D'ailleurs je ne m'y attendais pas, alors qu'il pourrait paraitre cousu de fil blanc. Sinon McCarthy est en effet ambigu, et c'est très bien ainsi. Il l'est avec une grande subtilité.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>@ Stalker &gt; Je ne me vois pas du tout comme le crucifié de Grünewald. Je parle d’un livre, des impressions qu’il me laisse et non de l’existence en général ni de ma vie en particulier. Je suis spirituellement et mentalement plus proche de Muray (qui sait rire de tout, bien que très lucide) que de Richard Millet (un vrai crucifié, celui-là, lucide aussi, doté d’une excellente plume, mais sans humour).<br />
Vous me voyez transi de froid et accroché à mon grog, le nez rouge, un stalactite au bout. Saviez-vous que les étés sont très chauds au Québec ? Nous avons des températures excédant 35° et s’il m’arrive de boire, ce serait plutôt du rosé ces derniers temps. Toutefois, en très mauvais écrivain américain, je n’écris jamais quand je bois (sauf du café, c’est mon côté balzacien).<br />
Vous citez plusieurs auteurs et faites références à plusieurs livres : c’est ce que je disais.<br />
« Focalisation externe ». Je parle de la technique employée par McCarthy et c’est ainsi qu’on la nomme, je n’y puis rien. Si vous écriviez des romans, peut-être que les procédés d’écriture vous intéresseraient. Les idées, d’accord, mais le style employé compte aussi, ce n’est pas que vain esthétisme.<br />
La troisième rencontre ? Ben oui, l’homme est mort, et donc ce n’est pas une rencontre qu’ils font. L’homme meurt, mais c’est l’enfant qui voit des anges, tombés soudain du Ciel. Étrange…<br />
Vieux ? À moitié. Singe ? Volontiers. Rusé ? Parfois, je l’avoue. </p>
<p>@ Obskur &gt; votre adresse e-mail est amusante. Pas lu « L’obscurité du dehors » encore. Je pensais m’en prendre à « Suttree », mais ce ne serait pas idiot de reprendre le Cormac par le début, c’est toujours intéressant de voir les thèmes et le style d’un auteur se développer.</p>
<p>@ Marco &gt; Je ne nie pas qu’on puisse faire une lecture religieuse de « La route », ni qu’il y ait une dimension religieuse certaine. Je conteste seulement que McCarthy prétende fonder ou refonder quelque chose comme une nouvelle théologie. Votre éclairage est d’ailleurs très intéressant. N’est-ce pas un peu bizarre que cet enfant du « monde d’après » aient des valeurs chrétiennes ? Qui les lui a apprises ? Serait-ce qu’il est pur, faute d’avoir été corrompu par les valeurs de l’ancien monde (le nôtre) : matérialisme, mercantilisme, etc. ? Peut-être, mais comment est-ce possible, vu qu’il rencontre chaque jour des êtres dont on ne peut dire qu’ils soient très exemplaires. Or, pour avoir des valeurs, il faut bien les avoir vues à l’œuvre quelque part. Ce n’est pas de son père qu’il a appris la compassion, la charité, le souci d’autrui. Pour moi, ce livre est en réalité un bréviaire pour le jeune Francis McCarthy : « Ne désespère jamais, mon fils. N’abandonne jamais. Sois aimant, charitable, bon, etc. Ne fais pas comme ton père que le monde a corrompu, etc. » C’est touchant, mais un peu cucul tout de même. Ce happy-end est le seul reproche que je fais au livre. D’ailleurs je ne m’y attendais pas, alors qu’il pourrait paraitre cousu de fil blanc. Sinon McCarthy est en effet ambigu, et c’est très bien ainsi. Il l’est avec une grande subtilité.</p>
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