Je cher­chais dans les pages jaunes de l’annuaire les coor­don­nées télé­pho­niques de mon vidan­geur de fosses sep­tiques atti­tré, puisque ma femme refuse de vider la nôtre avec moi, à la paille, comme je le lui ai sug­géré un brin gogue­nard. Je trouve les­dites coor­don­nées, et sur la page oppo­sée cette publi­cité quelque peu auda­cieuse d’un concurrent :

Mario à marde

Moi, plié en deux. Madame Yanka : « Fran­che­ment ! Fran­che­ment ! Tu trouves ça drôle, toi ! Fran­che­ment !… » Voilà pour­tant une femme qui rit volon­tiers et fait volon­tiers rire. Mais le « pipi-​​caca », ça ne passe pas. Je suis un assez bon client pour ce type d’humour, pourvu qu’on ne m’en dépose pas trois tonnes devant la porte. Ma femme a rai­son : si je devais quit­ter le Qué­bec et retour­ner vivre en Bel­gique, très vite je sou­pi­re­rais après l’humour qué­bé­cois, certes pas toujours du meilleur gout, mais franc, donc hon­nête. Imagine-​​t-​​on un vidan­geur de fosses sep­tiques belge (ou français) s’offrir ainsi dans l’annuaire une pleine page de publi­cité avec un titre comme « Mario à merde », avec ou sans illus­tra­tion ? Impensable…


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